extrait du roman : les liaisons presque dangereuses

Au cours de l'année de troisième, le petit Luc rencontra Jibé. C'était un extraterrestre de taille moyenne, ayant pris l'apparence humaine, et seuls quelques initiés qui le côtoyaient depuis quelque temps savaient qu'il était un étranger sur cette planète. Nul ne savait en revanche pour quelle raison il avait élu domicile parmi les hommes. Simplement, il s'efforçait de respecter leurs coutumes, et y parvenait sans trop de mal. Mais comme un étranger en totale immersion garde une petite pointe d'accent, Jibé l'extraterrestre avait ce petit quelque chose d'exotique qui trahissait ses origines et lui donnait un certain charme. Il avait appris que les relations entre les hommes sont plus harmonieuses en y glissant un peu d'humour, et il en parsemait quelques pincées en long, en large et en travers. Il ne savait pas, par exemple, dire bonjour simplement, comme le commun des mortels aurait procédé. Non, la formule qu'il avait apprise était « bonjour, tu as bien mangé ? », ponctuée d'un frottement de l'estomac de son interlocuteur, qui, les premières fois, ne pouvait masquer une certaine surprise. Mais comme ce petit alien semblait totalement inoffensif, son entourage se prenait vite d'affection pour lui.
Jibé avait les plus grandes difficultés à mémoriser les noms propres terriens, aussi il avait pris l'habitude de rebaptiser ses proches de sobriquets issus de sa planète natale. Sa mère s'appelait Canard, et était une femme très érudite, de formation littéraire, latin, grec, et tout le bazar. Elle régnait en maître sur la maison du matin au soir, et accueillait les amis de son petit extraterrestre les bras ouverts. Son père se nommait Sauvage, et exerçait une profession libérale qui lui prenait tout son temps du lever au coucher. Il y avait aussi un frère, Grouchy, qui prit à l'âge de quinze ans le nom de Griffu – peut-être était-ce une tradition, un rite initiatique, lors du passage de l'enfance à l'âge adulte, de changer de nom en gardant la même initiale – et une s½ur, S½urette, qui passait de temps en temps à la maison comme un coup de mistral. Le petit Luc fut très vite adopté par cette famille dans laquelle il séjourna le plus souvent après les cours, dévorant de gargantuesques goûters, et philosophant avec Canard sur des sujets divers, telle l'étude comparative des anciennes cités grecques et romaines — n'oublions pas que Nîmes et Montpellier étaient toutes proches — ou l'art de se serrer la main sans se faire broyer les phalanges.
Comme tous les extraterrestres, Jibé avait un don unique, en l'occurrence celui de faire disparaître à volonté tout objet en sa possession. Il suffisait de lui confier un stylo, une serviette de plage, il les désintégrait purement et simplement de façon à en éliminer toute trace sur la planète. Encore une fois, si le monde scientifique avait eu vent de son existence, la question des déchets nucléaires eût été réglée une fois pour toutes.
Jibé et Grouchy étaient également dotés d'une aptitude physique particulière pour les activités sportives. Il est probable que la gravitation de leur planète natale était quelque peu différente de la nôtre, ce qui leur donnait un avantage certain sur Terre, notamment dans la pratique du ski, du tennis et de la natation. Le grand-père de Jibé, Fourmi, avait construit un court de tennis sur une propriété aux abords de la ville, et chaque week-end, la petite bande s'en allait se préparer pour les prochains internationaux de France. Le petit Luc n'était pas suffisamment doué pour se hisser à ce niveau de la compétition, quant à Jibé et Grouchy, leur nature extraterrestre leur interdisait par essence toute inscription.

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# Posté le mercredi 12 mars 2008 11:27

petit texte pour un concours

une petite nouvelle que j'ai pondue hier soir, pour un concours entre amis

la contrainte de départ: commencer le texte par cette phrase:
Ses longs cheveux flottant au vent, la belle Natacha chevauchait sa jument noire à travers les bois des Arcanes...


voici donc ce que j'ai écrit:

Ses longs cheveux flottant au vent, la belle Natacha chevauchait sa jument noire à travers les bois des Arcanes...
Enivrée par la brise légère qui l'enveloppait telle un manteau de soupirs, elle n'entendit pas de prime abord le coup de sifflet qui zébra l'espace autour d'elle. Puis, reprenant ses esprit, elle jeta à la dérobée un regard derrière elle.
— Damned, ne put-elle s'empêcher de jurer, la maréchaussée ! Je suis faite comme une rate (en anglais : I am made like a ratgirl).
Elle n'avait pas le choix. Sa destrière n'avait pas la vélocité des purs sang entraînés par la police royale. Elle se résigna à stopper sa monture sur le bas côté. Un des deux soldats du roi mit pied à terre et s'approcha d'une démarche nonchalante que n'aurait pas reniée Jean Gabin dans Quai des brumes.
— Police royale ! Permis de chevaucher et papiers du cheval, s'il vous plait.
Natacha obtempéra, le regard bas et la queue entre les jambes. Le cheval également.
— Savez-vous à quelle vitesse vous galopiez ? poursuivit l'agent.
— Non, monsieur, je me suis laissée emporter par la griserie à l'approche de ce bois, et je n'ai pas regardé le compteur.
— Le bois des arcanes est limité à cinquante lieues à l'heure, et vous avez été flashée à soixante-cinq.
— Oh, monsieur l'agent, s'il vous plait, ne pouvez-vous pas fermer les yeux, pour une fois ? Je vous promets de ne pas...
— N'essayez pas de me la jouer sur ce ton, mademoiselle, et descendez de monture. Où est votre attestation de contrôle technique ?
— Oh, mon dieu, j'ai laissé passer la date !
— Votre cheval est en mauvais état. Le sabot arrière est cassé, et l'½il droit est sujet à la cataracte. Avez-vous de quoi réparer ?
— Oui, monsieur, j'ai une paire de lunettes équestres, et j'ai un sabot de rechange dans ma sacoche. Je répare tout de suite.
— Bon, je ne vous verbalise pas pour ces avaries. Mais pour l'excès de vitesse, vous aurez à payer quatre-vingt dix écus, et il vous en coûtera un point de permis de chevaucher. Enfourchez votre monture et ne dépassez pas le trot, à l'avenir, à l'approche du bois des arcanes. Compris ?
— Oui, monsieur l'agent. Et je te ferai bouffer ton tricorne.
— Pardon ?
—Je disais : j'ai eu tort de dépasser les bornes. Je ne le ferai plus, monsieur l'agent.
Les cheveux en berne, la belle Natacha s'en fut, trottant tristement entre les ormes réprobateurs.

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# Posté le mardi 04 mars 2008 09:39

bon démarrage pour les liaisons presque dangereuses

le roman est paru depuis Noël 2007, soit moins de deux mois, et les ventes sont bonnes. Les lecteurs m'envoient des mails chaleureux et enthousiastes. L'histoire plaît beaucoup, et chacun se reconnaît dans l'un des personnages principaux. Le thème des retrouvailles semble toucher un large public. L'humour de ce roman est très apprécié également.
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# Posté le mardi 19 février 2008 13:03

Les liaisons presque dangereuses, enfin disponible

Les liaisons presque dangereuses, enfin disponible
mon roman est publié cette semaine

il est disponible sur le site de l'éditeur
www.lesnouveauxauteurs.com

et sur amazon
http://www.amazon.fr/liaisons-presque-dangereuses-Luc-Doyelle/dp/2917144149/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1198085726&sr=1-1


# Posté le mercredi 26 décembre 2007 10:22
Modifié le mercredi 26 décembre 2007 10:47

bienvenue

Bonjour et bienvenue sur ce Blog, qui vous donnera des infos sur la publication prochaine de mon premier roman: les liaisons presque dangereuses

Deux éditeurs m'ont proposé un contrat. Je suis sur le point de signer avec l'un d'eux. Suivant mon choix, le roman devrait sortir, soit avant Noël 2007, soit avant l'été 2008.

suite au prochain épisode.

Luc
# Posté le jeudi 29 novembre 2007 09:01